Qui sont les enfants des rues ?

Dans toutes les grandes villes du Mali, on retrouve une importante population d’enfants et d’adolescents ayant quitté leur famille et vivant dans la rue. Ils sont souvent à des centaines de kilomètres de chez eux, et espèrent trouver dans les métropoles des moyens de survie.

Il y a encore quelques années, il n’existait aucune structure pour accueillir ces enfants qui ne sont ni des orphelins ni des adultes capables d’assurer leur avenir.

  • Il faut distinguer les enfants de la rue, qui sont en rupture plus ou moins totale avec leur famille, des enfants dans la rue qui travaillent dans la rue mais regagnent leur domicile la nuit venue. C’est auprès des premiers seulement que Mali au Cœur intervient.

  • Au Mali, les enfants de la rue sont exclusivement des garçons, parce que les filles jouent un rôle  important dans l’économie domestique : elles participent aux tâches ménagères et s’occupent de la fratrie. Ils sont âgés de 8 à 18-20 ans. Ils ont « brisé le lien » avec leur famille et « vécu la rue » avant de trouver les structures d’accueil de la Fondation pour l’Enfance, notre partenaire sur place.



Les causes de la rupture peuvent être nombreuses. Nous avons rencontré plusieurs cas de figure, dont les plus fréquents sont :

  • L’éclatement de la cellule familiale : mort d’un ou divorce des parents, remariage, l’enfant est confié à un oncle ou à une marâtre malveillant(e), brutal(e), injuste. L’enfant fini par fuir ou être chassé et se retrouve à la rue.

  • L’enfant a été confié par ses parents à un maître coranique, appelé aussi marabout. L’enfant doit suivre le marabout pendant plusieurs années pour apprendre le coran. Le marabout va de villes en villes avec de nombreux enfants, parfois jusqu’à une cinquantaine. Souvent, il manque de moyens et ne peut leur donner à manger. Il les fait donc mendier en ville, et n’hésite pas à les battre ou à les laisser dormir dehors s’ils ne rapportent pas assez d’argent. Certains finissent par fuir, et se retrouvent, souvent loin de chez eux (certains viennent du Burkina-Faso, de Côte d’Ivoire), dans les rues de la ville.

Témoignage de Margault Phélip, Présidente de l’association :

« Ces enfants sont loin de chez eux pour différentes raisons : mésentente avec la deuxième femme du père, surnombre d’enfants dans la famille, maltraitance ou encore exploitation. Certains fuient leur foyer et se promettent de ne jamais revenir car ils ont fait une erreur qui déshonore leur famille. Le système des écoles coraniques est aussi souvent une cause de fuite chez l’enfant, notamment dans le Nord du pays. En effet, beaucoup de familles musulmanes confient à l’âge de 6-7 ans leur fils à un « maître coranique », chargé de lui apprendre le Coran et des bases de lecture. Ces marabouts sont souvent nomades et traversent les régions, suivis de leur classe, qui peut compter jusqu'à quarante enfants. Mais ils sont souvent mal payés, et certains obligent donc les enfants à mendier. Au lieu de s’instruire, ces jeunes garçons passent ainsi leurs journées à errer pour trouver quelques pièces, de peur d’être battus. Et il n’est pas rare qu’un enfant de 7 ans fuie son marabout, ne pouvant supporter cette situation. Le problème est que ces enfants sont alors parfois à des centaines de kilomètre de chez eux, ils survivent donc dans la rue en mendiant et souvent en volant.
Après la rupture plus ou moins brutale avec sa structure familiale, l’enfant, seul dans la rue, doit se débrouiller pour survivre. Les plus jeunes passent leur journée à mendier, les plus âgés vivent de petits métiers et de petits larcins. Il est avéré que, sauf exceptions, un enfant de la rue ne revient pas tout seul à un mode de vie normal. S’il n’est pas aidé, il deviendra et restera délinquant, et son état social ne pourra que s’empirer. L’enfant de la rue a terriblement besoin d’être recadré et que des adultes le respectent et l’encouragent. Enfin, il faut qu’il pense à son avenir.

Mali au Cœur intervient auprès des jeunes accueillis dans les structures de la Fondation pour l’Enfance en finançant

  • les retours en famille,

  • les formations professionnelles

  • pour les plus âgés : la création d’ateliers professionnels.